Immobilisation judo : techniques, sorties et barème (guide complet)
Une immobilisation judo (osaekomi-waza) consiste à maintenir le dos d’uke au sol, chronomètre en main.
- L’une des 3 familles du travail au sol (katame-waza).
- Seule catégorie évaluée au chronomètre, pas par soumission.
- Dos d’uke au sol : condition obligatoire pour la validité.
- Tori contrôlant sur le côté ou au-dessus, jamais dans les jambes.
- 20 secondes tenues = ippon et victoire en compétition.
- Rupture du contrôle = toketa, chronomètre stoppé net.
Qu’est-ce qu’une immobilisation au judo (Osaekomi-waza) ?
Une immobilisation, ou osaekomi-waza, est l’une des 3 familles techniques du travail au sol (katame-waza), aux côtés des étranglements (shime-waza) et des clés de bras (kansetsu-waza). C’est la seule de ces trois familles qui se mesure au chronomètre : les étranglements et les clés de bras s’évaluent par abandon de l’adversaire, alors que l’immobilisation se compte en secondes.
- Une des 3 katame-waza : osaekomi, shime et kansetsu forment le travail au sol
- Dos d’uke sur le tatami : condition obligatoire, sans elle le contrôle est refusé
- Tori sur le côté ou au-dessus : jamais dans les jambes de l’adversaire
- Seule catégorie chronométrée : la durée du contrôle constitue sa valeur
- 20 secondes = Ippon : immobilisation tenue ce temps rapporte la victoire en compétition
Pour qu’osaekomi soit annoncé, tori doit contrôler le dos d’uke. Dès l’annonce, le chronomètre démarre ; toute rupture du contrôle le toketa l’interrompt net. C’est le seul moment du combat où le temps joue un rôle direct sur le score.
Attention à ne pas confondre les familles : un étranglement cherche la soumission par le cou, une clé de bras agit par extension articulaire. L’immobilisation, elle, ne vise ni la douleur ni la respiration uniquement le maintien du dos au sol. Comprendre cette distinction est la première clé pour progresser au sol.
Comment se dégager d’une immobilisation au judo ?

Quand uke parvient à rompre le contrôle, l’arbitre annonce toketa : le chronomètre s’arrête net et les secondes déjà comptées restent acquises. Une immobilisation tenue 20 secondes valant ippon, chaque seconde de dégagement gagnée compte réellement.
La sortie la plus fiable consiste à serrer les genoux de tori pour réduire sa base, puis à enchaîner un pont bascule : la base étroite fait perdre l’équilibre au dessus. Cette voie de dégagement est explicitement reconnue par le règlement international.
Une autre solution consiste à glisser un bras sous l’épaule ou la nuque d’uke pour casser l’angle du contrôle et gagner le retournement. Le dégagement se joue donc autant sur le placement que sur l’explosivité.
Kesa-gatame et ses variantes (kuzure, ushiro, makura, hon)
Kesa-gatame signifie littéralement « immobilisation par l’écharpe » : tori enroule son bras autour de la nuque et du bras d’uke comme une écharpe. C’est la première immobilisation enseignée aux débutants, car elle offre un contrôle simple à obtenir et facile à sécuriser dès la ceinture blanche.
Elle fait partie des 7 immobilisations de référence du Kodokan et sert de socle aux katame-waza, ces techniques de contrôle qui regroupent aussi les clés (kansetsu-waza) et les étranglements (shime-waza).
Kesa-gatame et hon-kesa-gatame : la forme fondamentale
Dans la forme fondamentale, tori s’assied à côté d’uke, épaule contre épaule, les jambes en ciseau pour créer une base large et stable. Son bras droit enserre la nuque, son bras gauche contrôle le bras d’uke coincé contre son propre flanc.
Le contact est permanent : dos d’uke collé au tatami, cage thoracique verrouillée, tête inclinée. La moindre ouverture permet à uke de se retourner d’où l’exigence de précision dès l’apprentissage.
Les variantes kuzure, ushiro et makura
- Kuzure : saisie ceinture le bras à la nuque remplacé par une prise à la ceinture
- Ushiro : tori face aux pieds position difficile à contrer pour uke
- Makura : tête sur cuisse la tête d’uke repose sur la cuisse de tori
Chaque variante modifie l’angle de contrôle sans changer la logique : coller, couvrir, bloquer. Le choix dépend de la morphologie et de la réaction d’uke.
Kata-gatame : le contrôle par l’épaule
Le kata-gatame consiste à enfermer la tête et un bras d’uke dans le même étau : ton épaule vient presser sa joue, tandis que son bras est maintenu fermement contre son cou. Le placement doit être précis, car une exécution approximative fait glisser le contrôle vers le cou seul, une forme considérée comme un étranglement et refusée par le règlement.
Bien tenu, ce verrou crée un effet d’étranglement potentiel qui rend la position très difficile à supporter pour uke. C’est justement ce qui le rend redoutable en ne-waza, mais aussi exigeant : tori doit ajuster son épaule au millimètre pour conserver l’étau sans basculer dans l’étranglement illégal.
Ce contrôle par l’épaule s’intègre parfaitement à la logique des katame-waza, où seule la durée de contrôle fait marquer des points. Maîtrisé, il offre une alternative efficace quand les formes classiques comme kesa-gatame ou shiho-gatame sont contrées.
Shiho-gatame et variantes (yoko, kami, tate)
| Variante shiho-gatame | Position de tori par rapport à uke | Point de contrôle principal | Spécificité technique |
|---|---|---|---|
| Yoko-shiho-gatame | Perpendiculaire, sur le flanc | Thorax et bras | Référence de base du contrôle latéral |
| Kami-shiho-gatame | Face aux pieds d’uke | Tête et épaules | Contrôle par la tête |
| Tate-shiho-gatame | À cheval au-dessus d’uke | Tronc entier | Jambes crochetées sous les cuisses |
| Kuzure-yoko-shiho-gatame | Perpendiculaire, bras engagé | Épaule et bras | Bras glissé sous le corps d’uke |
| Kuzure-kami-shiho-gatame | Face aux pieds, bras passé | Nuque et épaule | Bras sous l’épaule ou la nuque |
| Kuzure-tate-shiho-gatame | À cheval, variante de pression | Bassin et épaules | Résiste aux retournements |
La famille shiho-gatame regroupe des contrôles qui partagent un principe commun : tori verrouille les quatre directions (les deux épaules et les deux hanches d’uke) en s’installant sur l’un de ces 4 angles d’attaque. Chaque angle change la répartition du poids et les saisies disponibles.
Le yoko-shiho-gatame est le plus enseigné aux débutants : tori se place perpendiculairement au corps d’uke, genou contre le flanc, et verrouille un bras sous son aisselle. Le kami-shiho-gatame se distingue par une position face aux pieds d’uke, avec un contrôle prioritaire de la tête et des épaules. Le tate-shiho-gatame se pratique à cheval, jambes crochetées sous les cuisses adverses pour annuler les ponts.
Les variantes kuzure modifient une saisie pour renforcer le contrôle. En kuzure-yoko, tori glisse un bras sous le corps d’uke au lieu de le bloquer à l’extérieur. En kuzure-kami, le bras passe sous l’épaule ou la nuque. En kuzure-tate, la pression est ajustée pour résister aux retournements. Ces ajustements restent dans le cadre des 7 immobilisations de référence du Kodokan.
Comme toute immobilisation, ces contrôles font partie des osaekomi-waza, l’une des 3 familles techniques katame-waza avec les étranglements et les clés de bras. Tenue 20 secondes, une immobilisation rapporte ippon. Les règles IJF ont réintroduit le yuko en ne-waza, applicable dès le Grand Slam de Paris de février.
Le barème de l’arbitrage : yuko, waza-ari, ippon
En osaekomi-waza, seule la durée du contrôle compte : aucune projection ni aucun enchaînement ne peut marquer de points si le dos d’uke n’est pas verrouillé au sol. L’arbitre déclenche le chronomètre au moment précis où il annonce « osaekomi », puis chaque palier atteint transforme l’effort de tori en score.
- Départ du chrono : l’arbitre lance « osaekomi » dès que le contrôle est validé.
- Fin du chrono : le toketa annoncé stoppe net le décompte.
- 20 secondes : immobilisation tenue = ippon, le combat s’arrête.
- 2 waza-ari : la somme de deux waza-ari vaut un ippon.
- Yuko : réintroduit par l’IJF, il récompense un contrôle plus court.
Ce barème progressif a une conséquence très concrète : un judoka qui sent le contrôle glisser a tout intérêt à résister jusqu’à la seconde suivante, car chaque palier change la valeur du score. Tenir 10 secondes n’a pas le même poids que franchir 15 ou 20 secondes, et cette différence peut faire basculer tout un combat.
Pour l’arbitre, tout se joue à la seconde et au placement : il doit à la fois vérifier que le dos d’uke reste au sol et repérer l’instant exact du toketa. C’est pourquoi les combattants expérimentés travaillent autant la sortie que la tenue un contrôle qui casse au bon moment annule des points déjà entamés.
Retiens l’essentiel pour ton passage de grade : 20 secondes = ippon, et deux waza-ari suffisent pour gagner. Le yuko reste une porte de sortie utile pour marquer sans immobiliser longtemps, mais il ne remplace jamais un contrôle propre tenu jusqu’au bout.
