Jigoro Kano et le judo : biographie, philosophie et héritage du fondateur
Jigoro Kano, né en 1860, est le fondateur du judo, né du jujitsu.
- Né le 28 octobre 1860 près de Kobe.
- Enfant frêle, il débute le jujitsu à 17 ans.
- Formé au Tenshin-Shinyo-ryu puis au Kito-ryu.
- Diplômé de l’université impériale de Tokyo en 1881.
- Fonde sa méthode sur Seiryoku Zenyo et Jita Kyoei.
- Décède en mer à 77 ans.
Biographie de Jigoro Kano : de l’enfance frêle au créateur du judo
Jeunesse, études et vocation martiale
- Né le 28 octobre 1860 à Mikage, près de Kobe
- Troisième fils d’un brasseur de saké
- Enfant frêle, souvent victime d’intimidation
- Début du jujitsu à 17 ans, après une longue recherche d’instructeur
- Diplômé de l’université impériale de Tokyo en 1881
Petit, maigre et régulièrement moqué par ses camarades, Jigoro Kano développe très tôt le désir de se renforcer physiquement. À 17 ans, il entreprend l’étude du jujitsu et enchaîne 6 années d’apprentissage intensif auprès de deux écoles : le Tenshin-Shinyo-ryu du maître Fukuda, puis le Kito-ryu du maître Iikubo.
Élève brillant, il décroche son diplôme de l’université impériale de Tokyo et devient enseignant. Sa vocation martiale, elle, ne le quitte plus : il cherche à transformer les techniques brutales du jujitsu en une méthode éducative accessible à tous.
Vie familiale et fin de carrière
Il se marie à 31 ans et fonde une famille de 9 enfants six filles et trois garçons. Parallèlement, sa carrière institutionnelle s’intensifie : direction de la Tokyo Higher Normal School, création d’un département d’éducation physique, présidence du Centre d’étude des arts militaires.
Sa santé décline avec l’âge. Dès 1934, il cesse toute apparition publique, mais poursuit la transmission de son enseignement jusqu’à sa mort, survenue en mer à 77 ans.
Philosophie et principes fondateurs du judo

Les deux maximes fondatrices de Kano
La pensée de Jigoro Kano repose sur deux maximes indissociables, qui donnent au judo sa dimension éducative bien au-delà du sport de combat.
- Seiryoku Zenyo : la meilleure utilisation de l’énergie, corps et esprit.
- Jita Kyoei : l’entraide et la prospérité mutuelle entre tous les pratiquants.
- Ju : la souplesse, l’art de céder pour mieux rebondir.
- Do : la voie, un chemin de progression personnel.
- Kuzushi : le déséquilibre de l’adversaire, clé de toute projection.
- Éducation : former le corps et l’esprit par la pratique.
Les trois piliers de la pratique
Kano conçoit le judo comme une éducation complète, articulée autour de trois piliers : intellectuel, moral et physique. Le pratiquant ne se contente pas d’apprendre des techniques ; il développe sa réflexion, son respect d’autrui et sa condition physique.
C’est cette triple exigence qui distingue le judo du simple jujitsu : la dimension intellectuelle pousse à comprendre le kuzushi plutôt qu’à répéter un geste brut, la dimension morale impose le respect de l’adversaire et du dojo, et la dimension physique entretient force, souplesse et endurance.
L’entraînement commence dès 5 ans dans de nombreux clubs, illustrant cette vocation éducative précoce. Teddy Riner, 10 fois champion du monde, incarne aujourd’hui cette synthèse entre maîtrise technique et discipline morale.
Création du judo et genèse du Kodokan
| Année | Événement fondateur | Chiffre clé |
|---|---|---|
| 1877 | Début de l’étude du jujitsu | 17 ans |
| 1881 | Diplôme de l’université impériale | Fin des études |
| 1882 | Fondation du Kodokan | 9 élèves, 12 tatamis |
| 1884 | Effectif du Kodokan | 10 élèves |
| 1885 | Croissance du dojo | 50 pratiquants |
| 1886 | Tournoi de la police | 13 victoires sur 15 |
La fondation du Kodokan marque un tournant décisif dans l’histoire des arts martiaux japonais. À seulement 22 ans, Kano transforme une pratique guerrière en une méthode éducative complète, portée par les principes qu’il a patiemment mûris durant ses années d’étude du jujitsu.
Le premier dojo ouvre ses portes dans le temple Eishoji, avec un tatami de 12 places seulement. Les entraînements débutent à 5 heures du matin, dans une discipline de tous les instants.
Le tournoi de 1886 face à la police métropolitaine constitue un moment charnière. Sur 15 combats, les judokas du Kodokan remportent 13 victoires, confirmant la supériorité de la méthode face aux écoles traditionnelles de jujitsu.
Cette reconnaissance officielle ouvre la voie à une diffusion nationale, puis internationale. Le judo s’impose comme une discipline à part entière, avec ses propres règles, sa pédagogie et sa philosophie.
Héritage et décès de Jigoro Kano
Le 4 mai 1938, Jigoro Kano s’éteint à bord du paquebot Hikawa Maru, emporté par une pneumonie à l’âge de 77 ans. Il revenait du Caire, où il avait défendu la candidature de Tokyo pour les Jeux. Son corps repose au temple Unshoji, mais son œuvre, elle, n’a cessé de grandir.
Un rayonnement mondial posthume
De son vivant, Kano a semé bien au-delà du Japon : ses écoles ont formé 8 000 étudiants chinois, et son voyage en Europe, dès 1889, visait déjà à comparer les systèmes éducatifs. Ce travail de passeur a porté ses fruits longtemps après lui.
- 40 millions de judokas pratiquent le judo sur la planète
- 200 pays comptent au moins un dojo affilié
- 500 000 licenciés en France, 4e sport national
- 5 500 clubs structurent le judo français
- Tokyo 1964 le judo entre aux Jeux olympiques
- Barcelone 1992 le judo féminin devient olympique
En France, l’arrivée de Kawaishi en 1935 a posé les bases d’une tradition qui reste l’une des plus fortes au monde, avec un code moral formalisé par Bernard Midan en 1985.
Le rêve olympique inachevé et la transmission
Kano fut le premier Japonais membre du CIO, dès 1909. Il mena la délégation japonaise aux Jeux de Stockholm en 1912, forte de seulement 2 athlètes. Il obtint l’attribution des Jeux de Tokyo 1940, mais la guerre annula tout.
Il faudra 26 ans après sa mort pour que le judo devienne sport olympique, à Tokyo. Transmise par des générations d’enseignants, sa méthode forme aujourd’hui des enfants dès 5 ans, et couronne des champions comme Teddy Riner, dix fois champion du monde. Le judo, né d’une seule salle de 12 tatamis, est devenu une langue universelle.
Du jujitsu au judo : origines martiales et rupture fondatrice
Avant de créer le judo, Jigoro Kano débute l’étude du jujitsu en 1877, à l’âge de 17 ans. Il consacre 6 ans à deux écoles : le Tenshin-Shinyo de Fukuda et le Kito-ryu d’Iikubo. Cet art guerrier des samouraïs, hérité de la caste militaire, se transmet alors de maître à élève.
À 22 ans, il fonde le judo en écartant les techniques mortelles. Le jutsu, simple technique de combat, cède la place au Do, la voie de l’éducation du corps et de l’esprit. Cette distinction change tout : le pratiquant ne cherche plus seulement à vaincre, mais à se construire.
Cette rupture ne renie pas le jujitsu elle le prolonge autrement. En dehors du dojo, le judo s’enseigne, se pratique debout ou au sol, sans armes et sans coups dangereux. De là naîtront un sport universel et une méthode éducative, encore vivants chez les 40 millions de judokas recensés dans le monde.
