Hon Gesa Gatame : maîtriser l’immobilisation fondamentale du judo (technique, sorties et variantes)
Le Hon Gesa Gatame est l’immobilisation fondamentale du judo, exécutée à genoux sur le côté droit d’Uke.
- Uke sur dos, Tori à droite, sans espace entre les corps.
- Bras droit d’Uke verrouillé sous l’aisselle gauche de Tori.
- Bras droit de Tori autour de la nuque, saisie du col profond.
- Jambe droite tendue, genou collé à la hanche d’Uke.
- Centre de gravité bas et pression latérale continue.
- Le moindre vide d’un centimètre permet à Uke de s’échapper.
Quelles variantes du Hon Gesa Gatame maîtriser ?
Kuzure-Kesa-Gatame et Makura-Kesa-Gatame
Ces deux variantes du contrôle latéral restent les plus utilisées après le Hon Gesa Gatame classique. Elles modifient légèrement la position du bras ou de la jambe de Tori pour s’adapter à la morphologie ou à la réaction d’Uke.
- Kuzure-Kesa-Gatame : le bras de Tori glisse sous l’aisselle d’Uke, avec saisie de la manche ou de l’épaule.
- Makura-Kesa-Gatame : la cuisse droite de Tori vient se placer sous la tête d’Uke.
- Version préférée chez les enfants : le Kuzure évite le contact direct du bras sur la gorge.
- Sécurité renforcée : cette configuration évite tout risque d’étranglement accidentel.
Le Makura-Kesa-Gatame offre un contrôle tête-torse particulièrement stable, utile quand Uke tente de se retourner. Le Kuzure-Kesa-Gatame, plus permissif, convient aux débutants qui ne maîtrisent pas encore le verrouillage serré de l’aisselle.
Kuzure-Kata-Gatame et Kata-Gatame
Dans la famille des contrôles par l’épaule, le Kata-Gatame verrouille le bras d’Uke contre son propre visage, créant une pression constante sur l’épaule. Cette variante est très efficace en compétition pour obtenir l’osaekomi.
Le Kuzure-Kata-Gatame reprend le même principe mais avec un bras moins bloqué, ce qui offre plus de mobilité à Tori pour ajuster sa position ou enchaîner. Ce compromis entre contrôle et réactivité en fait un choix pertinent en randori, lorsque Uke résiste activement.
Choisir entre ces variantes dépend surtout de la réaction d’Uke et de la morphologie des deux judokas. Mieux vaut maîtriser solidement deux ou trois formes que d’en survoler une dizaine.
Comment exécuter correctement la technique ?

Pour réussir le Hon Gesa Gatame, chaque détail de placement compte. Chez Uke, le dos doit rester au sol. Chez Tori, l’orientation se fait toujours sur le côté droit de l’adversaire, à genoux. Une fois ces repères posés, la mécanique du contrôle s’enchaîne en cinq étapes claires.
- Uke sur dos, Tori à droite : position de base à genoux, sans espace entre les corps.
- Saisie du bras droit : passez le bras droit d’Uke sous votre aisselle gauche et verrouillez-le contre votre flanc.
- Bras autour de la tête : votre bras droit entoure la nuque et saisit le col profond, pouce à l’intérieur.
- Jambe droite tendue : étendez-la contre le flanc droit d’Uke, genou collé à la hanche.
- Pression et gravité : plaquez le torse, avancez la hanche et gardez un centre de gravité bas pour supprimer tout espace.
Le contact permanent est la clé : le moindre vide d’un centimètre permet à Uke de se glisser hors du contrôle. Un genou collé à la hanche et une pression latérale continue rendent l’immobilisation nettement plus difficile à échapper.
Comment sortir du Hon Gesa Gatame ?
Sorties par le haut du corps
Quand Uke est immobilisé, la priorité est de libérer le bras droit verrouillé sous l’aisselle gauche de Tori ou de dégager sa tête. Ces deux axes offrent les meilleures options avant de tenter une bascule complète.
- Bras droit libre : se mettre à genoux vers la droite pour désengager l’épaule
- Tête libre : avant-bras gauche glissé sous l’aisselle droite de Tori
- Retournement ventre : secousses et pression de l’avant-bras sur le cou
Sorties par bascule et accrochage
Lorsque le haut du corps reste bloqué, Uke peut exploiter le déséquilibre de Tori. La clé consiste à accrocher une jambe ou à ponter pour inverser la position, sans jamais pousser sur le visage de l’adversaire, action interdite en compétition.
Pour l’accrochage de jambe, Uke crochète la jambe droite de Tori avec sa jambe gauche, puis pousse pour faire basculer le buste. Le pont fonctionne différemment : Uke saisit la ceinture de Tori, ponte sur l’épaule gauche et enchaîne une bascule arrière pour renverser l’adversaire sur le dos.
Enfin, si Tori se relève ou relâche sa pression, un retournement rapide permet à Uke de reprendre l’initiative. L’essentiel reste de réagir vite : chaque seconde d’immobilisation compte pour éviter le ippon.
Passage de grade et ceintures
En France, le Hon Gesa Gatame s’enseigne dès la ceinture jaune. Le judoka doit démontrer une immobilisation stable et un contrôle constant pour valider son examen.
À ce niveau, les variantes Kuzure-Kesa-Gatame et Kuzure-Yoko-Shiho sont exigées. Le Kuzure est souvent préféré chez les enfants car il évite tout risque d’étranglement.
Plus tard, la ceinture verte impose Kuzure-Kami-Shiho et Kuzure-Tate-Shiho. En compétition, la maîtrise reste décisive : une position tenue 25 secondes suffit pour l’ippon par osaekomi.
Qu’est-ce que le Hon Gesa Gatame ?
Le Hon Gesa Gatame est une technique d’osaekomi-waza (immobilisation) classée par le Kodokan. Tori se place perpendiculairement sur Uke, le contrôle latéral au sol : le bras droit d’Uke est verrouillé sous l’aisselle gauche de Tori, tandis que le bras droit de Tori entoure la tête et saisit le col. Cette position empêche Uke de se retourner et permet de marquer l’ippon en compétition.
On la retrouve aussi bien au judo qu’au BJJ ou en lutte, car elle offre un contrôle stable tout en libérant une main pour enchaîner. En France, elle est enseignée dès la progression ceinture jaune, ce qui en fait l’une des premières immobilisations réellement maîtrisées par le débutant.
Sa solidité repose sur une pression constante du torse et un centre de gravité abaissé, sans espace entre le genou et la hanche d’Uke. Comprendre ce principe permet ensuite d’aborder les variantes et les sorties avec méthode.
Combinaisons et enchaînements
Le Koshi-Guruma offre une liaison naturelle vers le Hon-Kesa-Gatame : après la projection, Tori accompagne la chute en passant les jambes et vient verrouiller le bras droit de Uke sous son aisselle gauche sans temps mort.
À découvrir aussi
Pour suivre la scène compétitive française, le championnat de France de judo détaille les podiums par catégorie de poids et le classement des clubs.
Depuis un Sankaku-Jime, Uke tente souvent de se retourner. Tori décale alors son poids côté opposé, glisse la fosse poplitée sous la nuque et bascule directement en immobilisation latérale.
Le Makura-Kesa-Gatame s’enchaîne en suivant la rotation de Uke : dès qu’il tourne, Tori engage le genou droit sous la tête et stabilise. Ces transitions illustrent le principe du lien debout-sol propre au judo.
Contres et retournements
Pour créer une ouverture, Uke peut saisir la jambe de Tori et basculer son adversaire vers l’arrière. Attention : pousser sur la figure de Uke avec les doigts est strictement interdit et sanctionné en compétition.
L’ude-gatame sur le coude reste une réponse efficace pour desserrer l’étreinte : en contrôlant le bras, Uke force Tori à relâcher sa prise pour se défendre. L’avant-bras glissé sous le menton, autorisé, ajoute une pression utile.
Ces retournements obligent Tori à bloquer et ajuster sa position sans délai. Chaque relâchement profite immédiatement à Uke : anticipez la réaction et resserrez le contrôle avant qu’il ne prenne appui.
