Judo les techniques : le répertoire complet des 7 familles officielles
Le judo compte 104 techniques officielles réparties en 8 familles, dont les projections Koshi-Waza et Te-Waza.
- Koshi-Waza : 12 techniques de hanche (dont Uchi-Mata, Harai-Goshi).
- Te-Waza : 15 techniques de bras, idéales pour débuter.
- Priorités pour les grades : O-Goshi, Hane-Goshi, Harai-Goshi, Uchi-Mata, Ushiro-Goshi.
- En compétition, 80 % des points sont marqués debout en Tachi-Waza.
- Base de Te-Waza : Ippon-Seoi-Nage, Morote-Seoi-Nage, Tai-Otoshi.
- Clé de réussite : le kuzushi, le déséquilibre initial.
Koshi-Waza : les techniques de hanche
Les Koshi-Waza regroupent les projections où tori (celui qui attaque) place sa hanche sous le centre de gravité d’uke pour le faire basculer. Cette famille compte 12 techniques sur les 104 techniques officielles du judo, réparties en 8 grandes familles. Avec Uchi-Mata et Harai-Goshi, la hanche fournit deux des projections les plus marquées en compétition, où 80 % des points sont obtenus debout en Tachi-Waza.
Les techniques de hanche essentielles
- O-Goshi grande bascule de hanche, première projection souvent enseignée
- Hane-Goshi hanche percutée, mouvement de ressort
- Harai-Goshi hanche fauchée, jambe tendue en balayage
- Uchi-Mata fauchage intérieur cuisse, reine des projections
- Ushiro-Goshi contre-projection arrière sur attaque de hanche
Ces cinq mouvements forment le socle à maîtriser pour les passages de grades. Uchi-Mata et Harai-Goshi reviennent le plus souvent en compétition, car ils combinent puissance et vitesse d’exécution.
Comment fonctionne une projection de hanche
Le principe est un levier par pivot : tori entre en contact, ouvre ses hanches sous celles d’uke, puis fait pivoter son buste. Le déséquilibre (kuzushi) est déclenché vers l’avant ou l’arrière avant l’engagement de la hanche.
La réussite dépend surtout du placement : tori doit coller son dos au corps d’uke et fléchir les genoux pour rester bas. Sans ce placement, la projection devient un simple porté, sans effet de bascule. La chute est ensuite guidée par la rotation, jamais par la force brute.
Te-Waza : les techniques de bras et de main

Les Te-Waza regroupent 15 techniques où le bras et la main jouent le rôle de point d’appui principal. Ce sont souvent les premières projections apprises par le débutant, car elles demandent moins de mobilité de hanche qu’un Uchi-Mata.
Les projections de bras incontournables
- Ippon-Seoi-Nage : projection par une épaule, la plus enseignée aux débutants
- Morote-Seoi-Nage : projection d’épaule à deux mains, plus puissante
- Kata-Guruma : roue autour des épaules, charge sur le dos
- Tai-Otoshi : renversement du corps par pivot
- Sumi-Otoshi : chute dans l’angle, déséquilibre en recul
Le principe du levier dans Te-Waza
Toutes ces techniques reposent sur un levier : le bras de Tori tire, l’autre pousse ou soulève, et le corps de Uke pivote autour de ce point fixe. Le Ippon-Seoi-Nage illustre parfaitement ce mécanisme : le coude de Uke vient se verrouiller sous l’aisselle de Tori, qui n’a plus qu’à fléchir les jambes pour charger.
La réussite dépend surtout du déséquilibre initial (Kuzushi). Sans ce tirer-pousser préalable, la force seule ne suffit pas. C’est pourquoi le passage de grades insiste tant sur le placement des mains avant l’exécution.
Ashi-Waza : les techniques de jambe
Fauchages et balayages à connaître
Le répertoire officiel compte 17 techniques d’Ashi-Waza. En voici les cinq que tout débutant rencontre dès ses premières séances, et qui reviennent le plus souvent sur les tatamis.
- O-Soto-Gari : grand fauchage extérieur du droit
- De-Ashi-Barai : balayage du pied avancé
- Ko-Uchi-Gari : petit fauchage intérieur
- Hiza-Guruma : roue autour du genou
- Sasae-Tsuri-Komi-Ashi : blocage du pied en tirant
Ces mouvements marquent 80 % des points en Tachi-Waza lors des compétitions : le travail debout reste la principale source de score. O-Soto-Gari et De-Ashi-Barai figurent parmi les techniques les plus utilisées en compétition, car elles s’enchaînent facilement et surprennent l’adversaire par leur rapidité.
Différence entre fauchage et balayage
La distinction tient au contact du pied et au timing. Un fauchage (Gari) vient percuter la jambe adverse intérieure, extérieure ou par l’arrière pour la couper en plein déséquilibre. Un balayage (Barai) agit au contraire au ras du tatami, comme un coup de balai rapide sur le pied ou la cheville.
Retiens un repère simple : le fauchage demande un contact franc et un déséquilibre déjà installé, alors que le balayage se glisse sous le pied au moment où l’adversaire transfère son poids. Hiza-Guruma, souvent classée à part, combine les deux logiques en bloquant le genou avec le pied pour faire pivoter l’adversaire.
Maîtrise d’abord O-Soto-Gari et De-Ashi-Barai : ce sont les deux Ashi-Waza les plus accessibles et les plus rentables pour tes premiers passages de grades.
Osaekomi-Waza : les immobilisations
| Nom japonais | Traduction française | Zone de contrôle | Usage en compétition |
|---|---|---|---|
| Hon-Gesa-Gatame | contrôle latéro-costal fondamental | flanc et buste | très fréquent |
| Kuzure-Gesa-Gatame | contrôle latéro-costal modifié | buste, bras encerclé | très fréquent |
| Kata-Gatame | contrôle par l’épaule | tête et épaule | efficace mais exposé |
| Kami-Shiho-Gatame | contrôle par-dessus, quatre points | tête et épaules | très utilisé |
| Yoko-Shiho-Gatame | contrôle latéral, quatre points | côté du buste | fréquent |
| Tate-Shiho-Gatame | contrôle longitudinal, quatre points | buste, face à face | fréquent |
| Ushiro-Kesa-Gatame | contrôle arrière latéro-costal | dos et flanc | moins courant |
Une immobilisation tenue 20 secondes suffit pour marquer Ippon et terminer le combat immédiatement. C’est la raison pour laquelle le travail au sol est décisif : chez les hommes, 36% des ippons sont obtenus au sol, et 60% des prises au sol aboutissent à une immobilisation. Chez les femmes, ce chiffre reste proche de 50%.
Pour compter comme contrôle valable, il faut maîtriser le corps de l’adversaire au sol, dos collé au tapis, sans que celui-ci puisse se dégager. Le comptage démarre dès que la position est stabilisée. Passé 10 secondes, l’arbitre annonce déjà un avantage, et à 20 secondes, c’est la victoire.
Les immobilisations les plus utilisées en compétition restent Hon-Gesa-Gatame, Kuzure-Gesa-Gatame et Kami-Shiho-Gatame. Elles offrent un bon équilibre entre stabilité et mobilité, ce qui permet d’ajuster la position quand l’adversaire tente de s’échapper.
Entre 18% et 16% des points sont marqués en Ne-Waza selon les catégories. Un judoka qui maîtrise ne serait-ce que trois immobilisations solides dispose donc d’une arme redoutable pour conclure un combat engagé.
Shime-Waza : les étranglements
Les étranglements majeurs classés par type
- Hadaka-Jime : étranglement à mains nues, sans utiliser le judogi.
- Nami-Juji-Jime : étranglement croisé normal, paumes vers le haut.
- Gyaku-Juji-Jime : étranglement croisé inversé, paumes vers le bas.
- Kata-Juji-Jime : étranglement croisé demi, une main paume haute, l’autre basse.
- Okuri-Eri-Jime : étranglement par glissement du revers sur la gorge.
Ces 13 techniques officielles sont autorisées en compétition à partir de 13 ans. Elles exigent une maîtrise technique et un contrôle constant du partenaire.
Étranglement sanguin ou aérien
Un étranglement peut agir de deux façons. L’étranglement sanguin comprime les carotides et coupe l’afflux de sang vers le cerveau : c’est le plus courant et le plus rapide. L’étranglement aérien écrase la trachée, il est moins utilisé car moins efficace et plus désagréable.
En entraînement, on enseigne d’abord les étranglements sanguins pour leur efficacité et leur sécurité relative. L’arbitre doit pouvoir vérifier la position des mains à tout moment ; un étranglement mal amené devient une simple pression, inefficace en combat.
Kansetsu-Waza : les clés articulaires
Les clés articulaires constituent la famille la plus restreinte du judo, avec seulement 8 techniques officielles. Leur particularité est simple à retenir : le règlement n’autorise que les clés de coude, ce qui limite considérablement le champ d’application par rapport aux autres familles.
Cette restriction n’est pas un hasard. Le coude est une articulation qui se bloque naturellement dans un axe précis, ce qui permet un contrôle progressif de la pression. Le judoka peut donc doser son action sans risque de blessure brutale, à condition de respecter les règles de sécurité enseignées dès les premiers grades.
Les clés de coude officielles
- Ude-Hishigi-Juji-Gatame clé de bras en croix, la plus utilisée en compétition
- Ude-Hishigi-Ude-Gatame clé appliquée sur le bras tendu
- Ude-Garami clé sur bras lié, flexion forcée du coude
- Ude-Hishigi-Hiza-Gatame clé au coude avec pression du genou
Ces quatre variantes couvrent la quasi-totalité des situations au sol. Ude-Hishigi-Juji-Gatame reste la référence, car elle s’enchaîne naturellement depuis de nombreuses positions.
Réglementation et âge minimum en compétition
Les clés articulaires sont interdites en compétition avant 15 ans, contre 13 ans pour les étranglements. Cette différence s’explique par la maturité physique : l’articulation du coude reste fragile chez les jeunes judokas.
Dans les statistiques de compétition, les clés représentent environ 25 % des techniques au sol. Elles complètent donc logiquement les immobilisations (60 % chez les hommes, 50 % chez les femmes) et les étranglements dans l’arsenal du Ne-Waza.
À l’entraînement, l’apprentissage se fait toujours en binôme et par paliers : on cherche d’abord la position correcte, puis la pression contrôlée, et seulement ensuite la vitesse d’exécution.
Ma-Sutemi-Waza : les techniques de sacrifice de face
Ici, Tori chute volontairement pour projeter Uke en exploitant son poids et son élan. Ces 4 techniques spectaculaires surprennent par leur angle inversé et figurent parmi les plus impressionnantes du répertoire.
La plus connue est Tomoe-Nage, la projection en cercle : le judoka s’assoit, place son pied au ventre et enroule l’adversaire par-dessus lui. S’y ajoutent Sumi-Gaeshi, le renversement dans l’angle, et Ura-Nage, la projection en arrière.
Ces mouvements demandent un bon timing : mal exécutés, ils offrent une position au sol favorable à l’adversaire. À travailler d’abord en Nage-Komi, de façon relâchée, avant de les tenter en randori.
